Maison médicale – Point de situation villeneuvois

L’accès aux soins est aujourd’hui une préoccupation majeure pour de nombreux Villeneuvois. Difficulté à trouver un médecin traitant, délais de rendez-vous qui s’allongent, vieillissement de la population : ces constats sont partagés par nombre d’entre nous. 
Depuis plusieurs années, la création d’une « maison médicale » est régulièrement évoquée dans le débat public local par la majorité. Pourtant, à l’approche de 2026, beaucoup d’habitants peinent encore à comprendre ce que recouvre réellement cette promesse, ce qui existe déjà, et ce qui n’a jamais été concrétisé.
Il est donc nécessaire de poser les choses clairement : définir ce qu’est une maison médicale, faire un constat objectif de la situation à Villeneuve-lès-Avignon. 

Maison médicale, centre de santé, maison de santé : de quoi parle-t-on lorsque le sujet s’aborde ?

Une maison médicale n’est pas un terme générique. Elle peut recouvrir des réalités différentes.
Un centre de santé municipal repose sur des médecins salariés par la collectivité : il s’agit d’un modèle public à part entière, exigeant en termes de gestion, de financement et de responsabilité.
À l’inverse, une maison de santé privée ou associative regroupe des professionnels libéraux, sans portage public fort, le plus souvent à l’initiative des praticiens eux-mêmes.
Entre ces deux modèles pourrait s’imaginer une solution intermédiaire : une maison médicale à portage public et exercice libéral. Dans ce cas, la collectivité porterait les murs, l’investissement, l’entretien et les services mutualisés, tandis que les médecins resteraient libéraux et verseraient un loyer couvrant l’ensemble des charges.  Ce modèle hybride public–privé permettrait à la fois de lutter contre la désertification médicale et de préserver la liberté d’exercice des soignants, qui pourraient ainsi se consacrer pleinement à leur cœur de métier : la médecine.

À Villeneuve-lès-Avignon : une promesse récurrente, mais toujours peu lisible

Depuis plusieurs années, la municipalité actuelle évoque régulièrement l’ouverture prochaine d’une « maison médicale » ou d’une « maison de santé », présentée comme la réponse centrale aux difficultés d’accès aux soins. Cette promesse apparaît dans les bilans de mandat et dans de nombreuses prises de parole publiques. Pourtant, aujourd’hui encore :

– Aucun centre de santé municipal, avec médecins salariés de la collectivité, n’a vu le jour.
– Le projet annoncé repose essentiellement sur la réorganisation de cabinets existants et l’accueil ponctuel de nouveaux spécialistes, sans garantie pérenne sur le nombre de médecins généralistes.
– Aucun calendrier précis n’a été rendu public, pas plus que le modèle économique retenu (portage des locaux, aides à l’installation, participation financière de la commune ou des partenaires publics).

Autrement dit, la « maison médicale » reste davantage une promesse de communication qu’un projet structuré, lisible et opérationnel pour les habitants.

Pour la santé, une exigence de clarté et de responsabilité

Face à ce constat, nous avons fait un choix clair. Plutôt que d’entretenir des annonces imprécises ou des promesses reconduites, nous avons pris le temps de travailler sérieusement à une solution adaptée aux réalités locales. Ce travail a été mené en lien étroit avec des médecins, des professionnels de santé et des acteurs du secteur, afin de construire un dispositif juridiquement solide, économiquement soutenable et utile pour les habitants.
Cette solution existe. Elle s’appuie sur des pratiques qui fonctionnent ailleurs et tient compte des contraintes propres à Villeneuve-lès-Avignon. Elle sera présentée de manière transparente, chiffrée et argumentée dans notre projet municipal, afin que chacune et chacun puisse en juger sur des bases claires.

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Écoles Thomas-David et Joseph-Lhermitte : un bon projet mal financé

L’extension des écoles Thomas-David et Joseph-Lhermitte à Villeneuve-lès-Avignon répond à un besoin. Adapter les équipements scolaires, améliorer les conditions d’accueil des enfants et moderniser les outils de restauration collective sont des objectifs légitimes, largement partagés et donc à réaliser.
Se pose toutefois la question du financement, tel qu’il a été présenté et voté à l’unanimité lors du conseil municipal du 7 avril 2021. Le montage financier alors exposé reposait sur un équilibre associant subventions extérieures et participation maîtrisée de la commune.
La suite du dossier montre que ce qui a été présenté n’a pas été respecté puisqu’un emprunt de plus de 1,45 M€ a été contracté fin 2025  par décision n° 90-2025, une fois les travaux terminés, pour financer ces mêmes travaux.

Un projet utile, avec un financement initialement présenté comme équilibré

En 2021, le projet d’extension des écoles Thomas-David et Joseph-Lhermitte est présenté pour un coût global d’environ 1,7 M€. Il est alors clairement indiqué que ce programme doit bénéficier de financements extérieurs compris entre 55% et 70% de l’enveloppe global par:

– La DSIL (Dotation de soutien à l’investissement local)
– La Région
– D’autres dispositifs de soutien à l’investissement public.

Dans ce cadre, le reste à charge pour la commune compris entre 510k€ et 765k€ est présenté comme maîtrisé, compatible avec les capacités financières de la ville sans recours à l’emprunt. Sur le fond, le projet est pertinent. Sur la forme, le montage financier est cohérent ce qui explique l’adoption à l’unanimité du projet.

Une inscription au budget primitif 2023 qui confirme les engagements

C’est en 2023 que le projet est décliné dans le budget primitif, avec une inscription en investissement conforme aux annonces faites en conseil. Cette étape budgétaire est importante puisqu’elle confirme que la commune maintient le cap, tant sur la réalisation du projet que sur son équilibre financier, fondé sur un mix entre subventions et autofinancement. À ce stade, rien ne laisse supposer un changement de stratégie. Les élus et les habitants peuvent penser que les financements annoncés ont été obtenus ou sont en voie de l’être, et que la trajectoire financière reste conforme à ce qui a été présenté initialement.

Un emprunt de 1,45 M€ en 2025 qui met en défaut la sincérité du processus

La décision n°90-2025 prise en toute fin d’année 2025 annonce un de 1,45 M€ pour financer le projet. Il change totalement la lecture du dossier puisque cet emprunt, non annoncé en conseil, souscrit pour 25 ans, représente à lui seul l’essentiel du coût total du projet.
Cette décision est singulière quand elle pose diverses questions de fond sur la sincérité des engagements pris et sur la cohérence des démarches exposées au conseil municipal et aux habitants.

– Qu’est-il advenu des subventions annoncées en 2021, qui devaient financer une part substantielle du projet ?
– Pourquoi un emprunt d’un tel montant n’a-t-il jamais été présenté ni débattu explicitement au moment des délibérations portant sur le projet et son financement ?
– Comment expliquer l’écart considérable entre le reste à charge initialement présenté et l’endettement finalement supporté par la commune ?

Cet emprunt de 1,45 M€, contracté fin 2025, ne constitue pas un ajustement marginal puisque, rapporté à l’encours de dette existant, il représente une augmentation de l’ordre de 20 % de l’endettement total. Un tel engagement, pris sur une durée de 25 ans, décidé sans avoir été annoncé ni débattu lors des délibérations initiales, modifie la trajectoire financière de Villeneuve-lès-Avignon et engage la collectivité sur le long terme.
Il interroge la crédibilité des engagements de gestion rigoureuse régulièrement mis en avant. Il appelle, à ce titre, une exigence accrue de transparence, de cohérence et de sincérité dans l’information donnée aux élus lors des conseils municipaux et, par répercussion, aux habitants.
Nous y veillerons.

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Villeneuve-lès-Avignon, notre local de campagne à ciel ouvert, pour des vœux partagés sur le terrain.

Ces derniers jours, certaines personnes se sont étonnées de ne pas voir poindre l’inauguration notre local de campagne. Cette question est légitime et mérite une réponse claire et respectueuse.

Dans la perspective des prochaines élections municipales, nous avons fait le choix d’une campagne fondée sur la présence, l’écoute et la sobriété. Un choix pleinement cohérent avec le projet que nous portons pour Villeneuve-lès-Avignon et avec notre conception de l’engagement, à une époque où l’argent public est rare et doit être consacré à l’intérêt collectif, et non pas à nos seuls intérêts de candidats. Une campagne a un coût pour les contribuables et nous faisons le choix d’en limiter volontairement l’impact.
Nous avons donc décidé qu’il n’y aurait pas de local de campagne au sens traditionnel du terme. Non par désintérêt, mais par conviction. Notre local de campagne, c’est Villeneuve elle-même, c’est à dire ses rues, ses quartiers, son centre-ville, ses commerces, la plaine, les garrigues, les hauteurs, les lieux de vie et de passage… C’est là que nous souhaitons être présents, visibles, accessibles. Aller vers les habitants, plutôt que leur demander de venir à nous dans un espace fermé.

Ce choix peut surprendre. Il est pourtant réfléchi quand lors des dernières élections municipales, près de 60 % des électeurs se sont abstenus. Quand bien même était-il lié au COVID, ce chiffre nous oblige. Il nous rappelle que la démocratie locale ne se réanime pas derrière une vitrine, mais sur le terrain, dans l’échange direct, la parole donnée et le temps consacré à l’écoute. C’est aussi un choix de responsabilité et de cohérence financière. Louer un local, l’équiper, l’animer, organiser des réceptions, représente un coût. Un coût qui, même lorsqu’il est légalement encadré, n’est pas compatible avec l’exigence de sérieux que nous défendons pour la gestion municipale. Nous préférons consacrer notre énergie et nos moyens  à ce qui compte vraiment : être présents, disponibles, à l’écoute.

Dans le même esprit, nous avons choisi de transmettre nos vœux de vive voix, au fil des rencontres, ou par la voie de la presse, plutôt que lors d’un événement formel et coûteux.  Cela n’enlève rien à l’essentiel. En ce début d’année, nous avons une pensée chaleureuse pour toutes les Villeneuvoises et tous les Villeneuvois. Pour celles et ceux qui vivent ici toute l’année, pour ceux qui y travaillent, pour les plus jeunes comme pour les aînés. Notre engagement est entier. Il se construit jour après jour, sur le terrain, avec humilité et détermination.

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Bien gérer, ce n’est pas accumuler : le paradoxe villeneuvois entre fiscalité élevée et services fragilisés

La majorité municipale ne cesse de se féliciter de sa « bonne gestion » financière. À l’appui : des budgets annoncés comme ambitieux, des résultats excédentaires mis en avant, et une communication axée autour du sérieux budgétaire. Mais derrière les chiffres et les discours, apparaît la réalité d’une gestion qui contraint, appauvrit les services et presse fiscalement les habitants, au lieu de construire une ville plus fonctionnelle, plus accueillante en proposant des projets mesurés répondant aux attentes des gens.
L’analyse conjointe du budget communal et de celui de certains syndicats, comme le SIVOM, en apporte une illustration éclairante.

Annoncer beaucoup, dépenser peu : une stratégie de communication efficace.

Dans un premier temps, la méthode est imparable : annoncer des budgets importants, notamment pour des équipements sportifs ou structurants. Cela donne l’image d’une politique volontariste, soucieuse du bien-être des habitants et du dynamisme du territoire.Puis, dans un second temps, la majorité se félicite de réaliser des économies massives, allant jusqu’à 40 % du budget de fonctionnement pour certains syndicats.

Sur le plan de la communication, l’opération est parfaite :

– des moyens annoncés,
– des économies revendiquées,
– au final, des excédents présentés comme la preuve d’une gestion exemplaire.

Sur le papier, tout semble cohérent. Dans la réalité, beaucoup moins.

Excédents et restrictions : ce que les habitants ne comprennent plus

Prenons un simple exemple connu de tous : la piscine intercommunale, financée par le SIVOM.
Alors que ce syndicat dégage un excédent représentant près de 40 % de son budget annuel, les usagers constatent :

– des fermetures hivernales,
– la suppression d’activités comme les bébés nageurs,
– une dégradation progressive du service rendu, justifiée… par des raisons budgétaires.

Comment expliquer qu’un équipement aussi central dans la vie locale soit affaibli, alors même que l’organisme qui le gère génère des excédents considérables et que les économies réalisées ne sont pas réinvesties dans la qualité du service, mais transformées en argument de communication? Les habitants comprennent de moins en moins cela. 

La vraie bonne gestion : ajuster, investir, servir

Parceque j’Aime Villeneuve a interrogé plusieurs chefs d’entreprise sur ces pratiques. Leur réponse a été unanime : une bonne gestion n’est pas celle qui accumule de l’excédent, mais celle qui provisionne au plus juste, tout en conservant une marge raisonnable pour faire face aux aléas. Les excédents observés aujourd’hui à Villeneuve et dans certains syndicats ne sont ni raisonnables, ni vertueux.
Ils sont excessifs, sans rapport avec une gestion saine, et traduisent avant tout :
 – un sur-calibrage des budgets,
– une pression fiscale inutilement élevée,
– une priorité donnée à l’image plutôt qu’à l’efficacité.

Mettre un terme à cette logique est au cœur du projet que nous portons quand notre ambition est celle de remettre les services à niveau, d’investir là où c’est réellement nécessaire, et de redonner du sens à l’argent public dans une ville qui demande beaucoup à ses habitants sans toujours leur rendre à la hauteur de ce qu’ils contribuent.
Pour y parvenir, nous engagerons une réforme budgétaire profonde et responsable, fondée sur le principe de dépenser juste et sobrement, en finançant des projets dimensionnés aux besoins réels des habitants, quels que soient leur âge, leur situation ou leur condition. Les gens attendent cela, nous le savons, nous serons là. 

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Démographie à Villeneuve-lès-Avignon : Au-delà du chiffre global, comprendre la population

La municipalité met périodiquement en avant une évolution démographique positive de Villeneuve-lès-Avignon, laissant entendre une dynamique globale favorable. Ce fut encore le cas lors du conseil municipal du 10 décembre 2025, comme en atteste le compte rendu. Il est vrai, selon les chiffres de l’INSEE, que la population communale est passée d’environ 12 400 habitants en 2010 à 12 950 habitants en 2022 (soit une augmentation de 946 habitants) avec une projection autour de 13 330 habitants en 2025. 
Mais analyser la démographie ne consiste pas uniquement à commenter un chiffre total. Une approche sérieuse impose de regarder l’évolution dans le temps, la structure par âge et les mécanismes qui sous-tendent cette croissance. Car lorsqu’on entre dans le détail, le récit devient plus nuancé  et éloigné de la communication officielle. 

Une croissance démographique réelle, mais limitée et atypique

Selon ces données consolidées, sur douze ans, Villeneuve-lès-Avignon a gagné environ 550 habitants, soit une progression de l’ordre de +4 à +5 % entre 2010 et 2022, évoluant vers + 7.6% sur 15 ans en intégrant la projection 2025.
Cette hausse modérée mais réelle, repose presque exclusivement sur le solde migratoire. Le solde naturel (naissances moins décès) est faible, parfois négatif, ce qui signifie que la population augmente non parce qu’elle se renouvelle, mais parce que de nouveaux habitants s’installent. Ce point est important car il indique que la dynamique démographique n’est pas portée par les jeunes générations, mais par des ménages déjà constitués, souvent plus âgés. Un constat qui éclaire, en creux, le décalage croissant entre population et autres indicateurs urbains, comme l’augmentation rapide et déjà évoqué du parc de logements (dont une proportion reste vide) au dépend du cadre de vie. 

Une pyramide des âges qui se transforme profondément

L’évolution la plus marquante entre 2010 et 2022 concerne la structure par âge.
En douze ans :

  • La part des 60–74 ans est passée d’environ 18 % à plus de 23 %.
  • Celle des 75 ans et plus de 12,5 % à plus de 15 %.
  • A l’inverse, les 15–29 ans sont passés d’environ 13,4 % à 11,6 %.
  • Les 30–44 ans de 16,8 % à 14,2 %.

En 2022, près de 38 % de la population a plus de 60 ans, contre environ 30 % en 2010. La pyramide des âges s’est donc nettement déplacée vers le haut. Ce vieillissement structurel explique en partie pourquoi l’augmentation du nombre d’habitants ne s’accompagne pas d’un rajeunissement de la commune. Il permet aussi de comprendre pourquoi, malgré une population qui progresse modérément, les besoins résidentiels évoluent fortement : ménages plus petits, décohabitation, vieillissement à domicile.
Il a également des conséquences mesurables sur les services publics, notamment scolaires pour ne prendre qu’un exemple. Ainsi, le rapport d’activité du SIVURS, présenté lors du conseil municipal du 10  décembre 2025, met en évidence à Villeneuve-lès-Avignon, une tendance à la baisse récente ou à la stagnation de la  fréquentation des cantines scolaires, en particulier sur les écoles maternelles. Cette évolution contraste avec celle observée dans les communes voisines, où la fréquentation progresse ou se maintient à un niveau plus élevé. Ce différentiel territorial ne relève pas du hasard puisqu’il il constitue un indicateur indirect mais révélateur de l’évolution démographique, confirmant le recul relatif des jeunes classes d’âge à Villeneuve.

2025 : une population plus nombreuse, mais pas plus jeune

La projection à 13 330 habitants en 2025 prolonge une tendance déjà bien installée. Rien n’indique, à ce stade, une inversion de la pyramide des âges ou un retour massif des jeunes adultes et des familles.
Sans inflexion majeure, cette croissance se traduira principalement par :

  • Une poursuite de l’augmentation des classes d’âge les plus élevées
  • Une stabilisation, voire une érosion relative, des classes actives
  • Une fragmentation accrue des ménages.

C’est ici que la comparaison avec l’évolution du nombre de logements devient éclairante, sans être centrale : le parc de logements a augmenté beaucoup plus vite que la population (voir article précédent: Fiscalité confiscatoire et urbanisme incohérent…), non pas parce que Villeneuve se remplit, mais parce que chaque habitant occupe en moyenne moins de place dans la pyramide démographique. Ce phénomène est typique des communes où le vieillissement s’installe durablement. 

Démographie : s’adapter à la tendance ou changer de cap pour l’avenir

Les chiffres ne dictent pas une politique, mais ils imposent un choix. Soit la commune se satisfait d’une trajectoire démographique née de choix assumés — fiscaux, urbanistiques, en matière de services publics — et adapte progressivement la ville à un vieillissement durable de sa population : logement majoritairement orienté vers de petits ménages, services centrés sur le grand âge, équipements scolaires dimensionnés à la baisse, offre publique de plus en plus spécialisée…
Soit elle décide de relever le défi d’un rebond démographique, en assumant une rupture positive avec les orientations suivies jusqu’à présent. C’est ce second choix que nous faisons. Un choix lucide, fondé sur les données, qui vise à recréer les conditions d’un renouvellement générationnel dans un cadre de vie amélioré. Cela implique d’actionner des leviers cohérents et complémentaires : une fiscalité redevenue attractive pour les ménages actifs, une politique de services publics facilitant la vie familiale et professionnelle, un urbanisme pensé pour accueillir des jeunes actifs, et une vision d’ensemble capable de redonner à Villeneuve une dynamique démographique équilibrée dans un environnement hors normes. 

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Sécurité à Villeneuve-lès-Avignon : un sujet qui mérite une lecture attentive

La question de la sécurité occupe aujourd’hui une place centrale dans les préoccupations des habitants de Villeneuve-lès-Avignon. Les discours officiels se veulent rassurants, adossés à l’affirmation d’une politique efficace et présentée comme indiscutable. Pourtant, vols, cambriolages et faits de délinquance du quotidien alimentent un sentiment d’inquiétude, qui mérite d’être analysé avec sérieux et objectivité. Plutôt que de s’en tenir aux impressions ou aux éléments de communication, l’examen des données issues des statistiques du ministère de l’Intérieur permet de retracer l’évolution de la situation sur près d’une décennie (voir graphique en fin d’article) et d’identifier les tendances de fond à l’œuvre sur le territoire communal depuis 2020, année d’ouverture du mandat municipal qui s’achève.

2020 : une amélioration conjoncturelle, non structurelle

L’année 2020 se caractérise par une baisse nette des cambriolages et, plus largement, des faits de délinquance enregistrés à Villeneuve-lès-Avignon. Cette évolution s’inscrit dans le contexte très particulier de la crise sanitaire, marquée par les confinements successifs, la limitation des déplacements et une présence accrue des habitants à leur domicile. Ces circonstances exceptionnelles ont mécaniquement réduit certaines opportunités de passage à l’acte, sans pour autant inscrire une amélioration durable des conditions de sécurité comme l’indique l’évolution des données par la suite. 

Depuis 2021 : une hausse progressive et durable des atteintes aux biens et des faits de délinquance

À partir de 2021, les données disponibles mettent en évidence une remontée continue des cambriolages et de la délinquance globale sur la commune. Année après année, les chiffres progressent, traduisant une dégradation progressive mais persistante de la sécurité du quotidien. Cette tendance s’accentue encore en 2024, avec une augmentation sensible par rapport à l’année précédente, ramenant Villeneuve-lès-Avignon à des niveaux comparables à ceux observés avant la crise sanitaire. Cette évolution ne peut être considérée comme ponctuelle ou marginale car elle s’inscrit dans la durée et appelle une analyse des politiques menées et des moyens mobilisés.

Une communication municipale à confronter aux chiffres officiels à venir

Dans ce contexte qui, à l’occasion de la campagne municipale, nous a conduits à évoquer publiquement ces chiffres, la municipalité a souhaité reprendre la parole en indiquant que la situation serait en cours d’amélioration, en s’appuyant sur des données qui ne sont, à ce stade, ni officielles ni consolidées. Il ne s’agit donc, à ce jour, que d’une communication, que seule la publication de chiffres définitifs, complets et comparables permettra d’examiner afin de déterminer si une inflexion durable est réellement engagée ou s’il s’agit d’une lecture partielle et anticipée de la réalité.
Sur un sujet aussi sensible que la sécurité, la transparence et la rigueur des données doivent guider le débat public. Si l’action en la matière est complexe et, nous le savons, toujours plus facile à critiquer qu’à conduire, elle impose néanmoins lucidité, exigence et capacité d’autocritique. La sécurité ne se décrète pas,  elle se construit dans le temps, par des choix clairs, évaluables et assumés, et ne peut se satisfaire d’une communication rassurante.
Il est indispensable de savoir prendre du recul sur ses propres actions afin de pouvoir en proposer une analyse critique, constructive et argumentée, et d’imaginer les mesures susceptibles de garantir une amélioration durable, au bénéfice de la tranquillité des habitants et de la qualité du cadre de vie. Nous sommes actuellement au travail pour identifier ces mesures que nous vous proposerons prochainement. 

 

 

 

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Anne Daniel, une candidature enracinée dans le quotidien villeneuvois

Le collectif Parce que j’aime Villeneuve a choisi la personne la plus à même de porter son projet : Anne Daniel. Elle a accepté de s’engager au service de l’intérêt collectif, qui ne se résume pas à une addition d’intérêts particuliers. Son engagement est celui d’une femme qui connaît profondément Villeneuve-lès-Avignon, parce qu’elle y vit depuis de longues années, y travaille, y élève ses enfants, y est élue, contribue à l’animation de la plaine de l’Abbaye et apporte, chaque fois qu’elle le peut, écoute et réconfort à celles et ceux qui en ont besoin.
Mère de famille, Anne Daniel partage les préoccupations concrètes des habitants dont beaucoup la connaissent : l’école, le cadre de vie, les services publics, l’avenir que l’on construit pour les plus jeunes… Son engagement s’enracine dans le quotidien, au plus près des réalités vécues par les Villeneuvoises et les Villeneuvois.

L’éducation et l’inclusion comme fondements de l’engagement

Depuis plus de vingt-cinq ans, Anne Daniel enseigne dans les écoles de Villeneuve-lès-Avignon. Elle a notamment participé à l’accueil d’une classe inclusive, devenue aujourd’hui un dispositif ULIS, rappelant combien « la générosité du village avait alors permis cet accueil avec bienveillance ». Institutrice en classe de CP et ancienne directrice de l’école Montolivet, elle a exercé dans des contextes exigeants, au contact d’enfants à besoins particuliers et de familles aux parcours variés. Cette expérience lui a donné une méthode : écouter, comprendre, décider avec humanité et dans l’intérêt collectif.

Préserver les biens communs et faire vivre le collectif

Formée à Avignon, où elle a suivi des études de lettres et d’arts finalisées par un DEA réalisé à Paris sur les échanges inter culturels européens, Anne Daniel revendique un attachement profond à Villeneuve-lès-Avignon, à sa situation géographique privilégiée, à ses habitants, à ses garrigues et à ses espaces naturels, en particulier la plaine de l’Abbaye.
Très investie dans la vie associative, elle est à la tête d’une association œuvrant pour le bien-être animal, avec une ferme pédagogique associée aux Poneys de Delphine, et s’engage dans des actions de médiation animale auprès des enfants comme des adultes.
Engagée depuis longtemps sur la question de la gestion de l’eau, elle défend le retour à une régie publique, qu’elle considère plus juste et plus transparente, et œuvre pour convaincre ses futurs partenaires de cette nécessité. Elle a également pris part, sur le temps long, au combat citoyen ayant permis de préserver les garrigues des hauteurs de la ville, les Bouscatiers, une victoire obtenue après près de vingt années de mobilisation.

Une équipe citoyenne compétente et plurielle

Difficile de préparer un procès en incompétence lorsque Anne, pour porter ce projet, s’entoure d’une équipe citoyenne rassemblant des femmes et des hommes aux parcours et aux compétences complémentaires. Assistante maternelle, ingénieur, technicien, maître d’ouvrage, haut fonctionnaire, enseignant, chef d’entreprise, conseillères et conseillers municipaux, commerçants, conseillère régionale, managers… cette diversité permet d’aborder avec sérieux l’ensemble des sujets qui touchent à la gestion d’une ville, de l’éducation aux finances, de l’urbanisme aux services publics, de la transition écologique à la vie associative …
Des sensibilités parfois différentes, mais une même volonté : travailler ensemble, dans un esprit d’écoute, de responsabilité et de respect de l’intérêt général, en dehors de toute logique partisane ou extrême.

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LEO : trente ans d’occasions manquées… et le moment de repartir sur des bases saines

La Liaison Est-Ouest (LEO) revient dans le débat public à l’approche des élections, souvent accompagnée de déclarations simplistes accusant l’État d’avoir “abandonné” le projet où rejetant le fardeau de l’échec aux uniques exigences de la ville centre. Mais l’histoire est bien plus nuancée — et les responsabilités locales ne peuvent être effacées d’un revers de main.
Il est temps de remettre les faits au centre.

Une longue histoire faite de divisions locales plus que de blocages nationaux

Conçue dans les années 1990 pour relier l’A7 à l’A9 et détourner le trafic qui nous asphyxie, la LEO était un projet structurant pour tout le territoire. Pendant plus de vingt ans, les majorités du Grand Avignon — auxquelles l’exécutif villeneuvois appartenait pleinement — ont eu la possibilité d’aboutir à un compromis sur le tracé et le financement. Elles n’y sont jamais parvenues. Les désaccords internes entre les communes de l’agglomération, les visions contradictoires entre les rives droite et gauche du Rhône, les revirements successifs ont progressivement sapé toute crédibilité politique face à l’État. Le résultat est connu quand la LEO s’est transformée en serpent de mer, puis en champ de bataille interne.

Aujourd’hui, entendre certaintes ou certains rejeter la responsabilité sur “l’État” ou sur la seule ville centre relève d’une réécriture commode et opportune d’une histoire dont ils ont pourtant été acteurs et comptables. Ils avaient le pouvoir, ils avaient le temps, ils avaient la majorité pour avancer. Ils ne l’ont pas fait. Pourquoi ? C’est à eux qu’il faut poser la question.

Un projet désormais acté comme abandonné : dire la vérité aux habitants

Le 13 novembre dernier, le préfet de Vaucluse a mis fin à une ambiguïté entretenue depuis  longtemps : la LEO, dans sa configuration historique, est abandonnée. La DREAL PACA l’a confirmé sans détour en indiquant que, même dans l’hypothèse la plus optimiste — celle de l’inversion des tranches 2 et 3 — l’échéance se situerait autour de 2040. Pour faire court, il s’agit d’un horizon qui dépasse  tout mandat électoral actuel alors qu’il répond toujours à une urgence du territoire.
Continuer à faire croire que la LEO pourrait être relancée telle quelle, ou qu’elle serait sur le point d’aboutir, relève d’un discours d’illusion plus que d’une analyse sérieuse. Il faut regarder les choses en face et prendre du recul. La LEO est restée bloquée parce que les collectivités locales, quelles qu’elles soient ou eurent été, n’ont jamais parlé d’une seule voix, et l’État, lassé de naviguer entre positions contradictoires, a fini par tourner la page.
Pendant ce temps, les habitants d’Avignon, de Villeneuve, de Châteaurenard et de tout le bassin de vie continuent de subir un flux continu de poids lourds, des nuisances sonores, une pollution persistante et un risque sanitaire avéré. Le véritable enjeu est là, et persister à brandir la LEO comme un mirage électoral occulte la seule question qui importe, celle de comment protéger les habitants maintenant, avec des solutions réalistes, financées et compatibles avec les exigences environnementales actuelles ?
La LEO doit être faite. Mais pour y parvenir, nous devons tirer les leçons du passé et éviter le piège des prés carrés et des intérêts étroits. C’est en misant sur l’intelligence collective — celle qui naît du travail, de la discussion et des convergences techniques et programmatiques — que nous pourrons bâtir une solution conforme avec nos intérêts communs tout comme avec la loi qui impose des règles pour préserver notre santé et nos environnements.

Les vraies priorités : la mobilité du quotidien et les solutions réalistes

Avant de ressusciter un projet devenu irréalisable, il faut répondre aux besoins des habitants du Grand Avignon dans leur ensemble. Les enjeux de mobilité dépassent les frontières communales et ne peuvent plus être abordés à travers le prisme étroit d’intérêts strictement limités. La priorité doit être d’améliorer les déplacements du quotidien sur l’ensemble du bassin de vie, en sécurisant par exemple les trajets à vélo, en intégrant des pistes continues dans chaque aménagement de voirie, et en modernisant l’offre de transports en commun pour qu’elle soit plus rapide, plus lisible et mieux connectée aux pôles d’activité. À l’échelle locale, Villeneuve doit évidemment jouer pleinement sa part, en mettant, par exemple, en place des liaisons transversales évitant les tours et les détours ou en projetant les logistiques indispensables à la réouverture de sa gare.

Mais pour traiter réellement le transit lourd et réduire les nuisances qui frappent Avignon, Châteaurenard et les environnement, il faut agir à une échelle plus large : terminer la T1 autour de Rognonas, boucler la liaison A7–A9 pour offrir une alternative aux poids lourds, et étudier avec sérieux une nouvelle tranche 2 associée à un nouveau pont au nord des Bouches-du-Rhône. Ce sont ces infrastructures, pensées au bénéfice du territoire dans son ensemble, qui auront les effets les plus significatifs. Elles ne pourront toutefois voir le jour que dans un cadre exigeant : un projet concerté, respectueux de l’environnement et surtout co-construit avec toutes les collectivités concernées — la Région Occitanie, le Département du Gard, les communes voisines — sans jamais retomber , nous le répétons, dans l’erreur passée de visions locales imposées au détriment de l’intérêt général. C’est uniquement à ce niveau de coopération et de cohérence que pourra émerger une stratégie de mobilité, utile, réaliste et durable. Est-ce que faire cela est simple? Non, mais l’enjeu nous oblige. 

Impulser une dynamique collective, seule voie possible pour rouvrir le dossier. 

Si la LEO n’a jamais abouti, c’est parce qu’aucune majorité n’a su créer les conditions d’un effort collectif. Les communes ont avancé chacune avec leurs priorités, leurs inquiétudes, leurs intérêts propres, sans jamais parvenir à construire la vision commune indispensable à un projet d’une telle ampleur.
Nous devons tirer cette leçon essentielle : aucune collectivité, aucune commune, aucun élu ne fera avancer seul la LEO. La seule voie réaliste, honnête et efficace est celle d’une mobilisation partagée, d’un travail interterritorial assumé et d’une coopération ferme entre Avignon, Villeneuve, Les Angles, Rochefort, le Gard, le Vaucluse, la Région PACA et la Région Occitanie. C’est à cette condition que ce dossier pourra être rouvert dans de bonnes conditions et représenté à l’Etat.
Notre rôle sera précisément d’impulser cette dynamique, de remettre tout le monde autour de la table, de rétablir la confiance là où elle s’est effritée, d’insister — avec constance et méthode — sur la nécessité de converger. Nous ne promettons pas la LEO du passé, mais le travail sérieux du présent : établir un diagnostic partagé, clarifier les impacts environnementaux, objectiver les besoins de transit, sécuriser les financements réalistes, et rechercher les convergences techniques et programmatiques qui permettront enfin de sortir des postures. Notre engagement est de créer les conditions qui ont manqué à ceux qui nous ont précédés : un pilotage clair, un dialogue continu, une coopération sincère et un intérêt général placé au-dessus des agendas locaux.
Nous ne réussirons pas seuls — et nous ne prétendons pas le faire. Mais nous serons là pour mettre en mouvement, pour tenir la barre, pour insister jusqu’à obtenir une coalition territoriale solide, capable de porter ce projet avec sérieux et stabilité. C’est ainsi, et seulement ainsi, que la LEO pourra redevenir un projet possible, crédible et utile pour l’ensemble du bassin de vie.

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Quand l’éthique faiblit, la confiance s’effrite — Réflexions sur la morale publique et les décisions locales

Les réponses recueillies lors de la consultation citoyenne « Villeneuve, je t’aime, je m’exprime », menée par notre collectif, montrent que le thème Transparence, éthique et démocratie locale figure parmi les priorités que nos concitoyens souhaitent voir traitées. Ce résultat intervient dans un contexte où les repères se perdent de toutes parts. Il nous revient donc d’y remédier localement quand on sait que la politique est un exercice où se croisent convictions, responsabilités, intérêts collectifs… et parfois tentations personnelles.
Les philosophes de l’action publique, de Cicéron à Hannah Arendt, ont d’ailleurs bien souvent rappelé qu’il n’existe pas de bon exécutif sans une colonne vertébrale éthique, c’est-à-dire sans la capacité d’un élu à agir dans la transparence, l’exemplarité et la probité. Or, le pouvoir fragilise parfois ces exigences quand la justification tend à remplacer l’argumentation, quand le récit l’emporte sur les faits, et que l’on finit par s’autoriser ce que l’on aurait condamné chez d’autres. De petites entorses deviennent des habitudes ; les habitudes, un système, souvent rendu acceptable par une communication adaptée.
Les réponses citoyennes traduisent sans doute le sentiment que, à Villeneuve-lez-Avignon, plusieurs épisodes du mandat actuel, prolongement d’autres incidents survenus par le passé, illustrent cette glissade. En relisant la presse, les comptes rendus du conseil et la communication municipale, on peut faire ressortir quelques faits qui nourrissent la réflexion et qui doivent nous aider à apprendre de ce passé pour éviter, demain, de le reproduire.

Première alerte : un rapport fantôme de la Chambre Régionale des Comptes

En 2020, la candidate devenue maire affirmait dans sa propagande de compagne,  disposer d’un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) “positif” sur sa gestion municipale (Objectif Gard 24/05/2020). Quand des élus l’ont demandée auprès de différentes instances, ils ont du patienter avant de conclure que ce rapport n’existe pas. Qu’une élue se prévale d’un document inexistant pour appuyer son action pose la question de savoir quelle place on accorde à la vérité dans la quette ou l’exercice du pouvoir. Nous sommes ici dans un cas qui s’apparente à l’usage d’un faux qui n’est pas une erreur technique, mais une stratégie de communication qui crée une réalité fictive. Cette pratique est à proscrire dans l’avenir.

La tentative du premier conseil: un très mauvais signal

Le 27 mai 2020, au lendemain d’une crise sanitaire majeure, alors que le pays vivait encore sous tension sanitaire, la  maire fraichement élue tente de faire voter une augmentation substantielle de l’indemnité du maire. La symbolique est désastreuse quand ce moment devait être celui de la solidarité et de la sobriété. Face à la contestation, la majorité a été contrainte de revenir en arrière et de proposer lors du conseil suivant une révision de la délibération (CR conseils 27/05/2020 – 18/06/2020). Le rôle de contrôle de la part de certains élus devenait évident pour la suite.

Le SMICTOM : quand les responsabilités locales rattrapent la politique municipale

Dans un rapport accablant de la CRC (OCR2022-32), la gestion du SMICTOM Rhône-Garrigues, où l’adjoint aux finances de Villeneuve était vice-président devenu aujourd’hui président, est épinglée pour :

  • Versement d’indemnités indûment perçues.
  • Surfacturations non détectées pendant plusieurs années.
  • Insincérité budgétaire, avec des dépenses volontairement « déportées » d’un exercice à l’autre.
  • Absence de contrôles et de procédures internes obligatoires.
  • Un service parmi les plus chers de France pour les habitants, pour une efficacité très discutable. .
  • Une gouvernance insuffisamment structurée, caractérisée par un manque de transparence et un suivi déficient

Cet épisode pointe la superposition de deux dérives: celle de la probité quant aux indemnités perçues et celle de la responsabilité quand la mission de contrôle des élus est défaillante. A l’éthique s’ajoute ici le sujet de la responsabilité publique qui devra être aussi réaffirmée clairement et fermement.

La cession de parcelles publiques : le mélange des genres

C’est un sujet récurrent et délicat lorsqu’il touche au transfert d’un bien public vers une propriété privée. Pour ne prendre qu’un exemple, en décembre 2022 (CR du conseil du 15/12/2022), la majorité a voté la vente d’une parcelle non constructible au prix de 7,3 €/m² à l’un de ses propres conseillers — lequel a quitté la séance au moment du vote — afin qu’il puisse l’adjoindre à sa propriété déjà construite. Rien d’illégal dans cette décision puisque le prix retenu correspond à l’évaluation des Domaines, qui ne tient pas compte de l’usage final mais uniquement de la nature du terrain.
La question posée n’est donc pas juridique, mais éthique et politique. Car chacun sait qu’agrandir une parcelle bâtie grâce à une extension non constructible entraîne une plus-value immédiate sans commune mesure avec le prix payé pour l’acquisition. Dans un tel cas, l’intérêt général devrait primer, et la collectivité devrait veiller à ce que la cession tienne compte de cette valorisation instantanée. Sans cela, le risque est celui d’un enrichissement privé rendu possible par un actif public cédé trop faiblement, même lorsque la procédure respecte la légalité formelle. Ceci a été maintes fois répété par quelques élus qui ont décidé de ne plus prendre part à ce genre de vote.
Les cessions de ce type nécessitent donc une prudence accrue et une tarification ajustée, afin de préserver l’intérêt collectif et de garantir que les biens publics ne soient pas cédés en-dessous de leur valeur réelle « d’usage ». Ce principe est d’autant plus important à Villeneuve que l’histoire locale a déjà connu, dans un passé récent, des excès largement commentés pour du foncier constructible (Le Dauphiné, 26/06/2019), rappelant combien la vigilance doit être constante lorsqu’il s’agit du patrimoine public.

Réécrire l’histoire : la ZAC des Bouscatiers

Dans le magazine municipal de l’été, la maire affirme avoir “sauvé” la ZAC des Bouscatiers d’un projet d’urbanisme destructeur. Or la réalité est connue puisque c’était son propre projet, et que ce sont les citoyens et les associations qui ont obtenu son retrait, après des années de mobilisation.
Revendiquer la victoire de ceux que l’on avait d’abord moqués, c’est pratiquer une forme de réécriture narrative, l’un des symptômes classiques de la dérive éthique du pouvoir. C’est confisquer l’honneur de celles et ceux qui se sont engagés, qui ont donné de leur temps, de leur énergie, de leur argent et parfois de leur sérénité pour défendre leur territoire.
Un exécutif sain ne peut s’approprier les victoires citoyennes comme s’il en était l’auteur. Ce type de déformation du réel ne doit jamais se reproduire.

Ce que ces quelques faits racontent de la morale publique.

Pris isolément, chacun de ces exemples peut sembler mineur et peut-être, pour certains, dérisoires. Pris ensemble, ils dessinent la trajectoire d’un pouvoir devenu moins attentif à l’exigence d’exemplarité, plus prompt à s’autoriser l’approximation, l’autoréférence et l’entre-soi. L’habitude a fait sortir la morale et l’éthique du logiciel de gouvernance local. C’est ce que beaucoup perçoivent sans forcément le dire ce qui explique peut-être pourquoi l’immunité semble acquise pour notre exécutif local.
On doit comprendre ici que l’éthique politique n’est jamais un acquis  quand elle devrait être une discipline quotidienne. Elle exige que les élus se soumettent aux mêmes règles que celles qu’ils imposent, qu’ils respectent les faits, qu’ils n’utilisent pas la puissance publique pour eux-mêmes ou leurs proches, qu’ils ne détournent pas l’histoire à leurs profits.

Cet article invite à réfléchir, non pour condamner, mais pour corriger, éveiller et redonner à la démocratie locale la force de ses valeurs.

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Villeneuve et le Grand Avignon : comprendre l’enjeu, reconstruire une place.

Le Grand Avignon occupe aujourd’hui une place centrale dans la gouvernance de notre territoire. Ses décisions influencent la façon dont nous nous déplaçons, où se construisent les logements, comment nos paysages évoluent et quels services structurants forment notre cadre de vie.
Villeneuve-lès-Avignon y tient un rôle particulier : commune dynamique, carrefour des mobilités, pôle culturel et patrimonial majeur, elle contribue à l’identité du bassin de vie. Pourtant, son influence politique au sein de l’intercommunalité ne reflète pas ce rôle concret. Ce décalage n’est ni inévitable ni abstrait puisqi’ul s’explique par des dynamiques institutionnelles, des manques de coordination, un défaut d’anticipation politique et une légèreté constatée dans les missions des élus. Pour Villeneuve, l’enjeu est de reconstruire une présence forte, cohérente et influente.

Le Grand Avignon : un niveau de décision clé pour notre quotidien

Le Grand Avignon exerce des compétences déterminantes : aménagement du territoire, développement économique, mobilité et transports, politique de l’habitat, environnement, gestion de l’eau, grands équipements culturels. Concrètement, c’est à cette échelle que se dessinent les axes de développement qui conditionnent le quotidien de chaque habitant : la gestion des déplacements, l’implantation des entreprises, la programmation culturel, la préservation des espaces naturels, les orientations du SCoT ou encore les choix d’investissements structurants.

La récente réorganisation des lignes de bus, le développement ou l’abandon de certains projets de franchissement du Rhône, ou encore les arbitrages liés aux zones d’activités montrent combien cette échelle de décision est structurante. C’est également au niveau intercommunal que se gèrent les grandes délégations de services publics : la gestion de l’eau potable, aujourd’hui confiée à un délégataire, ou encore l’exploitation du réseau de transport Orizo par Tecelys, société publique locale de l’agglomération.

Dans ce contexte, il est essentiel que nos représentants soient entendus, qu’ils portent une vision claire, et qu’ils tiennent pleinement leur double rôle : celui d’impulseur de politiques publiques, capables de proposer et d’orienter… mais aussi celui de contrôleur vigilant de l’action intercommunale.
Les dernières années ont montré combien ce second rôle est crucial : les réserves formulées sur la gestion de l’eau (coûts, investissements, facturation, information aux usagers, …) comme les dysfonctionnements relevés dans la gouvernance de Tecelys démontrent que, sans un contrôle rigoureux des élus, les politiques publiques peuvent manquer de transparence, d’efficacité ou de cohérence.
Une intercommunalité bien gouvernée repose sur une chose simple : des élus impliqués, constant et présents.

Villeneuve : une commune essentielle, mais insuffisamment audible

Villeneuve ne manque ni d’atouts ni de légitimité. Elle est desservie par des flux majeurs, confrontée à des enjeux de mobilité, d’aménagement et de logement, tout en assumant un rôle patrimonial de premier plan.
Pourtant, dans certaines décisions clés, sa voix apparaît moins coordonnée ou moins influente, en partie en raison de singularités économiques et démographiques héritées des politiques fiscales et urbanistiques évoqués dans des articles précédents. Ces choix ont façonné une commune à la structure sociale particulière, parfois moins représentative des besoins pluriels du bassin de vie, ce qui rend plus difficile la défense de certains dossiers à l’échelle intercommunale.

Sur le dossier de l’eau, par exemple, de nombreux habitants ont exprimé leurs interrogations : manque de clarté dans la tarification, incertitudes sur l’état réel du réseau, communication parfois fluctuante, doubles facturations constatées… Ces sujets exigent une vigilance acérée des élus, un suivi constant des engagements du délégataire et un contrôle rigoureux des décisions intercommunales. Or Villeneuve n’occupe pas, aujourd’hui, la place qu’elle devrait avoir dans ce pilotage essentiel.

Les débats autour de Tecelys, autre exemple, ont mis en lumière des failles dans la gouvernance de la SPL : incohérences de gestion, difficultés opérationnelles, demandes d’audit formulées par plusieurs communes, réflexions sur une révision de la direction et des procédures internes. Villeneuve, pourtant directement concernée par la performance du réseau Orizo au quotidien, n’a pas joué un rôle moteur dans cette phase critique où il aurait fallu peser davantage.

L’exemple de la LEO illustre également la difficulté d’influer lorsque les prises de position arrivent tard et sans alliés structurés. Dès l’origine du débat, Villeneuve aurait pu, et dû, impulser un compromis entre les attentes des groupes majoritaires et les demandes d’amélioration du tracé, afin d’aboutir à une solution plus simple, plus cohérente, capable de rejoindre directement l’échangeur de Bompas pour permettre de réduire la pression sur l’échangeur de l’Amandier et d’éviter la concentration actuelle des engorgements. Mais faute d’un travail préparatoire solide au sein des instances du Grand Avignon et d’une coalition gardoise organisée, les décisions ont avancé sans que Villeneuve ne puisse (ou ne veuille) réellement infléchir les orientations pour obtenir un consensus.

Ces exemples montrent que Villeneuve n’est pas faible : elle est isolée. Et dans une intercommunalité, l’isolement mène à une perte d’influence que l’on doit corriger. 

Construire un pôle gardois : la voie d’un rééquilibrage durable

Face à ce constat partagé, une voie intéressante serait celle de  construire un pôle gardois structuré, réunissant les communes du Grand Avignon Gardois. L’objectif n’est pas de créer une opposition frontale, mais de bâtir une force de proposition cohérente et complémentaire, capable de peser dans les débats et de défendre les spécificités de la rive droite.

Par exemple, dans le domaine des mobilités, une telle coordination permettrait de défendre de manière unie des projets véritablement structurants : améliorer les traversées du Rhône, créer de réelles alternatives au trafic de transit, ou encore optimiser les liaisons intercommunales entre communes gardoises, trop souvent pensées aujourd’hui en fonction des priorités du cœur avignonnais.
Sur le logement, second exemple, cette coopération offrirait une meilleure prise en compte des réalités du Gard, marqué par des tissus pavillonnaires, des centralités moins denses et des contraintes foncières spécifiques. Elle permettrait d’adapter les politiques sans pour autant déroger aux obligations légales qui s’imposent à chaque commune et éviterait que certaines cherchent à se défausser de leurs responsabilités au détriment des autres villes de l’agglomération.
Sur le plan économique, quant à lui, un pôle gardois structuré aurait la capacité de revendiquer une répartition plus équilibrée des investissements au bénéfice des zones d’activités situées sur la rive droite gardoise, aujourd’hui sous-valorisées malgré leur potentiel. Une stratégie commune permettrait d’orienter plus efficacement les projets, de renforcer l’attractivité de l’ensemble du territoire gardois et de réduire, par la même occasion, les migrations quotidiennes vers le Vaucluse de nombreux habitants contraints de s’y rendre pour travailler. En développant davantage d’activités économiques de proximité, le pôle gardois créerait ainsi un cercle vertueux : moins de déplacements, plus d’emplois locaux, et une agglomération plus équilibrée.

Pour conclure, un pôle gardois uni offrirait un cadre solide pour exercer un contrôle approfondi sur les grands services publics délégués — eau, transports, déchets, ou encore mobilités structurantes — et permettrait à Villeneuve, en tant que ville principal, d’être non seulement un relais, mais un moteur de transparence et d’exigence démocratique. Une telle dynamique n’est possible qu’à une condition : que les élus villeneuvois s’engagent, qu’ils assument un rôle actif dans l’impulsion des politiques publiques et qu’ils renforcent leur vigilance sur l’ensemble des actions menées. C’est de cette présence constante, constructive et exigeante que dépendra la capacité de Villeneuve à retrouver toute sa place au sein du Grand Avignon et à entraîner avec elle l’ensemble des communes gardoises concernées.

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