Fiscalité confiscatoire et urbanisme incohérent : les deux piliers d’un modèle villeneuvois à réformer

Dans un précédent article, nous expliqions pourquoi Villeneuve-lez-Avignon figure parmi les communes les plus taxées de France et comment cette fiscalité, loin d’accompagner un projet collectif, sert plus une logique de rente qu’une logique dynamique.
Ce modèle fiscal profondément déséquilibré qui surtaxe ses habitants, exerce des effets directs et mesurables sur notre démographie et sur notre urbanisme. Les données récentes montrent que Villeneuve s’enfonce dans une impasse : elle vieillit, se construit sans cohérence, et perd progressivement sa capacité à accueillir les actifs et les familles.

Pour rappel: une fiscalité qui sélectionne par le coût

Les chiffres ne laissent aucune place au doute :

  • Taxe foncière bâtie : 56,63 % (moyenne nationale : 37,3 %)
  • Taxe foncière non bâtie : 115,63 % (moyenne nationale : 60 %)
  • Taxe d’habitation sur résidences secondaires : 14,83 % (moyenne nationale : 20,5 %)

Villeneuve surtaxe donc ceux qui y vivent, et sous-taxe ceux qui n’y sont que de passage.
Ce choix fiscal organise une sorte de sélection par le coût : les jeunes ménages, les primo-accédants, les actifs qui souhaitent s’installer durablement, sont découragés avant même de franchir le pas. Le coût de l’accession et celui de la détention foncière deviennent des barrières à l’entrée.

À l’inverse, les propriétaires plus âgés et déjà établis — souvent plus aisés — ne subissent pas les mêmes contraintes. L’équilibre se rompt : on ne favorise plus la vie locale, mais la rente immobilière.

Pire encore : cette fiscalité élevée n’est pas réinvestie dans des services, des infrastructures, ou une vision d’avenir susceptible de renforcer l’attractivité de Villeneuve. Aucune stratégie cohérente pour le logement abordable, la jeunesse, les familles, les mobilités ou le tissu associatif. Rien qui permette de renouveler la population ou de préparer l’avenir.

Les conséquences démographiques : une ville qui vieillit par choix et qui organise son déclin.

Les effets de ce modèle se lisent dans la pyramide des âges.
En 2021 selon l’INSEE, les plus de 60 ans représentent 37 % de la population, un chiffre en constante progression et très supérieur à la moyenne nationale, tandis que les moins de 30 ans ne constituent plus que 26,5 % des habitants.
La conséquence est nette : Villeneuve vieillit parce qu’elle n’accueille plus, ou mal, les jeunes générations. Cette réalité n’a rien d’inéluctable quand elle est le résultat direct :

  • D’une fiscalité dissuasive, qui repousse l’installation des actifs et des primo-accédants.
  • D’un parc de logements laissés vides ou capté par les résidences secondaires, encouragé par une taxe d’habitation bien faible (à ne pas confondre avec la taxe foncière ici confiscatoire)
  • D’investissements dans les équipements familiaux mal calibrés, sans cohérence ni avec les besoins réels des habitants ni avec le niveau d’imposition qui leur est demandé.

Une urbanisation massive… pour des résultats dérisoires

À cette impasse fiscale s’ajoute un urbanisme pour le moins déconcertant.
Les constructions se multiplient, les immeubles imposants s’élèvent dans des secteurs déjà saturés, des projets d’envergure menacent toujours l’environnement mais la population, elle, progresse à peine puisque selon l’INSEE :

  • En 2011 il y avait 6 150 logements pour 12 266 habitants
  • En 2021 nous sommes passés à  7 461 logements pour 12 950 habitants

Soit 1 311 logements construits… pour 684 habitants supplémentaires. C’est à peine 0,5 habitant par logement. Dans le même temps :

  • les logements vacants ont doublé (746 contre 354),
  • la part des seniors a progressé de 24,3 % en dix ans,
  • le ratio global atteint 1,75 habitant par logement, contre 2,3 en moyenne nationale.

Ces chiffres illustrent pourquoi la politique d’urbanisme actuelle bétonne mais n’accueille pas.
Elle ne répond pas aux besoins des actifs, ne permet pas de stabiliser la démographie, et dégrade les équilibres urbains.

Fiscalité + urbanisme : une trajectoire à enrayer

D’un côté, une fiscalité punitive qui dissuade les actifs.
De l’autre, un urbanisme incohérent qui favorise la vacance et la spéculation tout en massacrant cadre de vie et environnement. 

Les deux convergent vers une réalité : un modèle qui fige la ville dans la rente et qui pénalise sa jeunesse, son dynamisme, son attractivité.
Ce modèle n’a pas vraimnt d’avenir puisqu’il ne sert ni l’intérêt général, ni la cohésion sociale, ni la vitalité économique.

Villeneuve a besoin d’une fiscalité bien plus équilibrée qui encourage les actifs et les familles, et qui finance un projet de ville à la hauteur de ce qu’elle perçoit. Elle a besoin d’un urbanisme intelligent, plus cohérent et mieux pensé. Elle a surtout besoin d’une vision :

  • qui prépare les 20 à 30 prochaines années,
  • qui redonne un rôle central aux jeunes,
  • qui choisit le dynamisme et la vie, bien plus que la rente.

Notre engagement est sans faille pour déjouer un scénario qui fait fuir la vitalité au lieu de l’attirer.

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