Depuis longtemps, les sangliers posent problème à Villeneuve-lès-Avignon comme ailleurs. Mais chacun peut le constater : le phénomène s’amplifie. Leur présence est plus fréquente dans la plaine de l’Abbaye, le long des routes, parfois même aux abords des quartiers. Cette prolifération soulève désormais de réels enjeux de sécurité, de cohabitation et de respect des espaces naturels comme des usages humains.
L’ombre de l’agrainage
Face à cette expansion, une question se pose parmi d’autres: le rôle de l’agrainage. Cette pratique, qui consiste à nourrir artificiellement les sangliers avec du maïs ou du grain, est censée les fixer dans certains secteurs et limiter les dégâts. Mais de nombreux experts rappellent qu’elle contribue aussi à accroître les populations en améliorant leur reproduction et en modifiant leurs comportements. En d’autres termes, ce qui devait être un outil de gestion pourrait être devenu un facteur aggravant.
Urbanisation et couloirs écologiques coupés
Un autre facteur pèse lourd : l’urbanisation continue des périphéries. Lotissements, routes et zones commerciales se sont développés sans prise en compte de la circulation des espèces. Les corridors écologiques sont morcelés, les espaces de vie réduits. Résultat : les sangliers se retrouvent coincés et cherchent refuge là où ils trouvent des ressources… c’est-à-dire dans la plaine et parfois jusque dans nos rues.
Une régulation nécessaire, mais à quel prix ?
Il est clair qu’il faut agir. La chasse fait partie des outils disponibles, et nul ne conteste sa légitimité dans certaines conditions. Mais elle ne peut pas être l’unique réponse. Une régulation efficace suppose aussi de réfléchir à l’aménagement du territoire, à la limitation de l’agrainage, à la préservation des couloirs écologiques, voire à la mise en place de solutions dissuasives plus innovantes.
La chasse du samedi matin
De manière systématique, les battues sont organisées les samedis dans la plaine de l’Abbaye et dans les environs ce qui illustre une autre difficulté : le choix du calendrier. Interdire l’accès de la plaine un samedi matin – jour où familles, enfants, sportifs, associations et promeneurs fréquentent massivement cet espace – est une décision peu opportune. Cela engendre frustration et incompréhension.
Déplacer ces opérations en semaine, même si cela complique l’organisation des chasseurs, serait une marque de respect envers les habitants et permettrait une meilleure cohabitation des usages. Qu’attendons-nous pour voir cela ensemble?
Quelles autres solutions ?
- Limiter ou interdire l’agrainage, qui semble entretenir artificiellement la surpopulation de l’espèce.
- Renforcer la concertation entre municipalité, agriculteurs, chasseurs, associations environnementales et habitants pour définir un plan de régulation partagé et accepté.
- Aménager ou restaurer des corridors écologiques, pour redonner aux animaux des parcours naturels.
- Mettre en place des clôtures temporaires ou des répulsifs écologiques dans les zones les plus sensibles.
- Mieux informer la population des dates, lieux et modalités des battues, afin d’éviter les tensions et les malentendus.
- Maintenir les actions contre la péri-urbanisation de Villeneuve. Le projet de construire sur les garrigues des Bouscatiers doit être définitivement abandonné et jamais repris.
La présence des sangliers à Villeneuve-lès-Avignon n’est pas une fatalité. C’est un enjeu de gestion collective, qui exige de dépasser les habitudes et les solutions faciles. La chasse peut avoir sa place, mais elle doit s’inscrire dans une politique plus large, respectueuse des habitants comme de l’environnement. Le tout est d’ouvrir un dialogue. Nous le ferons.

Et ca continue à bétonner chemin du carrat 4000 mètres bétonné et goudronné 28 logements 56 places de parking dans un chemin qui a déjà du mal a assurer la sécurité voies étroites pas de trottoirs arbres centenaires abattus madame la maire qui signe le permis 2 heure avant de recevoir le collectif du chemin
Monsieur Besozzi, en tout coin de la ville, l’émotion autour des projets d’urbanisme est palpable et bien compréhensible. Nous alertons, en vain, depuis plusieurs années sur le sujet. Au Chemin du Carrat comme ailleurs, nous voyons des décisions qui paraissent détachées d’une vision d’ensemble. Le PLU est revu tous les ans, alors qu’il devrait être figé sur au moins une décade pour que les gens puissent voir clair et se projeter dans un environnement bien plus sécurisé.
C’est précisément pour cela que nous remettrons de la cohérence, de la transparence et de l’écoute, afin de construire des solutions qui respectent les quartiers et celles et ceux qui y vivent.Ce ne sera pas facile; nous le ferons.