Villeneuve face à l’impasse fiscale : pourquoi il faut changer de cap

À Villeneuve-lès-Avignon, la fiscalité locale est depuis trop longtemps un sujet tabou, que l’on préfère contourner plutôt que d’affronter. Pourtant, les chiffres récents ne laissent aucune place à l’ambiguïté : notre ville se distingue tristement parmi les communes les plus taxées de France.

  • Taxe foncière sur les propriétés bâties : 56,63 %, contre 37,3 % en moyenne nationale.

  • Taxe foncière sur les propriétés non bâties : 115,63 %, presque le double de la moyenne française (60 %).

  • Taxe d’habitation sur les résidences secondaires : 14,83 %, quand la moyenne nationale atteint 20,5 %.

Villeneuve fait le choix de surtaxer ses habitants permanents, en particulier les propriétaires et les jeunes ménages, tout en ménageant les résidences secondaires. Un modèle fiscal profondément déséquilibré, qui pénalise l’installation durable des actifs et encourage, de fait, une ville vieillissante et inégalitaire.

Les conséquences visibles d’une politique figée

Les résultats sont là : en 2021, les plus de 60 ans représentaient plus de 37 % de la population, soit bien au-dessus de la moyenne nationale, tandis que les moins de 30 ans étaient limités à 26,5 % (INSEE). Ce déséquilibre démographique n’est pas une fatalité liée à la seule géographie ou à l’attractivité de la région : il est alimenté par un système fiscal dissuasif, qui renchérit l’accession à la propriété et le coût de détention foncière.

Les primo-accédants et les jeunes familles, souvent déjà confrontés à un marché immobilier tendu, trouvent à Villeneuve des conditions encore plus inhospitalières. À l’inverse, cette fiscalité favorise le maintien, voire l’arrivée, d’une population plus âgée et aisée, souvent déjà propriétaire, renforçant le cercle vicieux d’une pyramide des âges déséquilibrée.

Une fiscalité sans projet collectif

Le plus grave n’est pas seulement le niveau d’imposition, mais l’absence de vision qui l’accompagne. Car si ces recettes supplémentaires finançaient des services à la hauteur des attentes de l’ensemble de nos concitoyens, on pourrait au moins y voir une logique d’investissement économique, environnemental et social. Or, ce n’est pas le cas et force est de constater que les choix opérés n’ont pas permis de bâtir à ce jour une politique publique tournée vers l’avenir. La réfection du centre-ville, bien qu’importante, ne peut tenir lieu de vision d’avenir : il faut un projet global, pensé à l’horizon des 20 à 30 prochaines années, pour assurer un développement  équilibré de Villeneuve.

On voit par ailleurs que le niveau relativement faible de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires traduit une stratégie tacite : celle d’encourager un parc de logements occupés seulement quelques semaines par an, ou captés par la location touristique de courte durée. Autant de mètres carrés qui échappent à la vie quotidienne de Villeneuve, à son tissu social, à ses familles.

Mettre fin à une trajectoire avec si peu d’avenir

Cette trajectoire n’apporte pas de bénéfice durable :

  • À court terme, elle alourdit le quotidien des habitants sans améliorer les services.

  • À moyen terme, elle fragilise le dynamisme démographique et économique de la ville.

  • À long terme, elle condamne Villeneuve à devenir une cité vieillissante, coupée des besoins réels des générations à venir.

Il est temps d’infléchir cette logique de rente immobilière qui  prive la collectivité d’un avenir équilibré et vivant. La fiscalité locale doit redevenir un outil au service du projet communal, non une barrière invisible qui exclut les jeunes familles et sclérose notre ville. Les premières analyses des données d’urbanisme confirment déjà l’empreinte de la politique fiscale actuelle. Nous publierons bientôt un article spécifique pour en détailler les conséquences.

Villeneuve a besoin d’autre chose : une fiscalité plus juste, plus équilibrée, qui accompagne l’installation d’actifs, encourage le renouvellement générationnel et finance les équipements collectifs dont nous avons besoin. C’est à cette condition que notre ville pourra retrouver un  élan, au bénéfice de toutes et tous.

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Mobilités douces à Villeneuve : les habitants expriment leurs besoins

Le Collectif « Écoles et Mobilités Douces », en partenariat avec l’association « Villeneuve – Les Angles à vélo » et « République Chartreuse », a lancé une enquête sur les trajets domicile-école à Villeneuve-lès-Avignon. Plus de 100 familles ont participé, représentant 332 usagers actuels ou potentiels des mobilités actives (vélo, marche, trottinette, bus). Voici les retours obtenus de la part de cette centaine de familles:

Une pratique déjà ancrée

  • 68 % des parents utilisent le vélo pour accompagner leurs enfants, 51 % la marche.
  • Les enfants autonomes privilégient la marche (57 %) et le vélo (52 %).
  • La voiture reste toutefois utilisée par une famille sur deux, principalement par manque d’alternatives sécurisées.

Le principal frein à une pratique plus régulière est le sentiment d’insécurité sur la route

  • 71 % des familles s’inquiètent pour la sécurité des enfants.
  • 62 % estiment que le partage de la voirie reste défavorable aux vélos et trottinettes.
  • D’autres obstacles sont évoqués : trottoirs étroits, manque de stationnements sécurisés, signalétique insuffisante, pentes raides.

Des zones sensibles bien identifiées

Plusieurs secteurs ressortent des réponses : rue de la République, avenue Paul Ravoux, avenue Pasteur, avenue Lattre de Tassigny, rond-point du Pont de Pujaut. Les participants soulignent la nécessité d’y repenser la cohabitation entre piétons, cyclistes et automobilistes.

Des attentes claires

Les familles interrogées mettent en avant plusieurs priorités :

  1. Des pistes cyclables continues et sécurisées.
  2. Une signalétique plus lisible pour tous les usagers.
  3. Des trottoirs adaptés aux poussettes, fauteuils roulants et piétons avec enfants.
  4. Des stationnements pour vélos et trottinettes devant les écoles.

Un témoignage illustre cette attente :

“Les trajets vers Avignon sont plus sécurisés que ceux qui mènent aux écoles de Villeneuve. Si des pistes existaient sur ces trajets, mes enfants utiliseraient certainement leur vélo.”

Une dynamique citoyenne à accompagner

Cette enquête met en lumière une réalité : les Villeneuvois pratiquent déjà largement les mobilités douces et souhaitent aller plus loin, à condition que les conditions de sécurité et de confort soient renforcées. Les propositions formulées sont concrètes, partagées par de nombreuses familles et pourraient constituer une base de réflexion pour améliorer durablement les déplacements scolaires et quotidiens.

Il semble nécessaire de construire un projet global de déplacements doux qui puisse permettre de développer un réseau percolant sur le territoire communal, sécurisé et agréable. 

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Villeneuve face aux sangliers : sortir des mauvaises habitudes

Depuis longtemps, les sangliers posent problème à Villeneuve-lès-Avignon comme ailleurs. Mais chacun peut le constater : le phénomène s’amplifie. Leur présence est plus fréquente dans la plaine de l’Abbaye, le long des routes, parfois même aux abords des quartiers. Cette prolifération soulève désormais de réels enjeux de sécurité, de cohabitation et de respect des espaces naturels comme des usages humains.

L’ombre de l’agrainage

Face à cette expansion, une question se pose parmi d’autres: le rôle de l’agrainage. Cette pratique, qui consiste à nourrir artificiellement les sangliers avec du maïs ou du grain, est censée les fixer dans certains secteurs et limiter les dégâts. Mais de nombreux experts rappellent qu’elle contribue aussi à accroître les populations en améliorant leur reproduction et en modifiant leurs comportements. En d’autres termes, ce qui devait être un outil de gestion pourrait être devenu un facteur aggravant.

Urbanisation et couloirs écologiques coupés

Un autre facteur pèse lourd : l’urbanisation continue des périphéries. Lotissements, routes et zones commerciales se sont développés sans  prise en compte de la circulation des espèces. Les corridors écologiques sont morcelés, les espaces de vie réduits. Résultat : les sangliers se retrouvent coincés et cherchent refuge là où ils trouvent des ressources… c’est-à-dire dans la plaine et parfois jusque dans nos rues. 

Une régulation nécessaire, mais à quel prix ?

Il est clair qu’il faut agir. La chasse fait partie des outils disponibles, et nul ne conteste sa légitimité dans certaines conditions. Mais elle ne peut pas être l’unique réponse. Une régulation efficace suppose aussi de réfléchir à l’aménagement du territoire, à la limitation de l’agrainage, à la préservation des couloirs écologiques, voire à la mise en place de solutions dissuasives plus innovantes.

La chasse du samedi matin

De manière systématique, les battues sont organisées les samedis dans la plaine de l’Abbaye et dans les environs ce qui illustre une autre difficulté : le choix du calendrier. Interdire l’accès de la plaine un samedi matin – jour où familles, enfants, sportifs, associations et promeneurs fréquentent massivement cet espace – est une décision peu opportune. Cela engendre frustration et incompréhension.
Déplacer ces opérations en semaine, même si cela complique l’organisation des chasseurs, serait une marque de respect envers les habitants et permettrait une meilleure cohabitation des usages. Qu’attendons-nous pour voir cela ensemble? 

Quelles autres solutions ?

  • Limiter ou interdire l’agrainage, qui semble entretenir artificiellement la surpopulation de l’espèce.
  • Renforcer la concertation entre municipalité, agriculteurs, chasseurs, associations environnementales et habitants pour définir un plan de régulation partagé et accepté.
  • Aménager ou restaurer des corridors écologiques, pour redonner aux animaux des parcours naturels.
  • Mettre en place des clôtures temporaires ou des répulsifs écologiques dans les zones les plus sensibles.
  • Mieux informer la population des dates, lieux et modalités des battues, afin d’éviter les tensions et les malentendus.
  • Maintenir les actions contre la péri-urbanisation de Villeneuve. Le projet de construire sur les garrigues des Bouscatiers doit être définitivement abandonné et jamais repris.

La présence des sangliers à Villeneuve-lès-Avignon n’est pas une fatalité. C’est un enjeu de gestion collective, qui exige de dépasser les habitudes et les solutions faciles. La chasse peut avoir sa place, mais elle doit s’inscrire dans une politique plus large, respectueuse des habitants comme de l’environnement. Le tout est d’ouvrir un dialogue. Nous le ferons. 

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Le Festival du Polar : une réussite… qui doit continuer à évoluer

Chaque automne, la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon devient le théâtre d’un rendez-vous littéraire désormais incontournable :  le Festival du Polar méditerranéen. Depuis sa création en 2005, cet événement a su séduire un public fidèle, attirer de grands noms du roman noir et installer Villeneuve-lez-Avignon sur la carte des festivals littéraires français.

Nous tenons à saluer le travail accompli par les organisateurs et bénévoles : la gratuité, la qualité des rencontres et la diversité des animations font de ce festival une vraie réussite culturelle et populaire.

Le festival a trouvé son public et son identité. Il lui reste désormais à franchir une nouvelle étape : continuer à rayonner tout en s’ouvrant aux évolutions de notre société et aux nouvelles attentes du public.

Les atouts du Festival:

  • Un cadre exceptionnel : la Chartreuse, avec ses cloîtres et salles historiques, offre une atmosphère unique pour des rencontres littéraires hors du commun.
  • Un événement gratuit et accessible à tous : un vrai atout pour la démocratisation culturelle.
  • La diversité des formats : tables rondes, dédicaces, expositions, projections de films noirs, spectacles et animations pour la jeunesse.
  • Une programmation de qualité : la présence régulière d’auteurs reconnus du polar et du roman noir, français et internationaux.
  • Une convivialité appréciée : l’esprit familial et chaleureux qui fait du festival un rendez-vous où l’on se sent bienvenu.

Comment pourrait-il évoluer ?

  • Avec davantage d’ouverture vers la jeunesse
    Si des activités existent pour les plus jeunes, elles pourraient être renforcées avec:

    • des ateliers d’écriture animés par des auteurs de polar jeunesse,
    • un concours de nouvelles policières dans les collèges et lycées,
    • une meilleure articulation avec les bibliothèques scolaires locales.
  • En donnant une plus grande place au numérique
    Le polar vit aussi à travers les séries TV, podcasts et jeux vidéo narratifs. Pourquoi ne pas imaginer :

    • des projections-débats autour de séries policières,
    • un espace consacré aux podcasts de true crime ou de fiction,
    • un atelier d’initiation à l’écriture interactive ?
  • En ancrant plus fortement l’évènement dans la ville
    Si la chartreuse reste son coeur battant, le festival pourrait aller davantage à la rencontre des habitants:

    • en organisant des rendez-vous dans les quartiers et cafés de la ville,
    • en  créant des passerelles avec les associations locales,
    • en renforçant les synergies avec les acteurs culturels de l’agglomération.
  • En développant son rayonnement territorial
    Actuellement centré sur la Chartreuse, le festival pourrait s’étendre :

    • en investissant la rive droite du Rhône, avec des événements communs avec Avignon,
    • en organisant des rencontres décentralisées dans les villages voisins,
    • en tissant des partenariats avec d’autres festivals de la région.

Le Festival du Polar de Villeneuve-lez-Avignon est une belle vitrine culturelle dont nous pouvons être fiers. Mais pour rester attractif et ne pas se reposer sur ses acquis, il doit savoir se renouveler, s’ouvrir davantage aux jeunes générations, intégrer les nouvelles formes de narration et associer plus largement la population locale. Car derrière chaque succès culturel, il y a toujours une exigence de créativité et de renouvellement.

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Piscine Camille Muffat : des dépenses inutiles, un service affaibli

Il y a une décennie, entre 2013 et 2014, la piscine intercommunale Camille Muffat faisait l’objet d’une rénovation lourde, pour un coût public de 3,4 millions d’euros. Présenté comme un projet ambitieux, cet investissement devait moderniser l’équipement, améliorer le service, répondre aux besoins du territoire.
Mais aujourd’hui, le bilan est décevant pour les usagers, quels qu’ils soient. À l’épreuve des faits, cette rénovation soulève maintenant plus de questions qu’elle n’a apporté de solutions.

Des travaux nécessaires… mais mal orientés

Qu’il eût fallu rénover les vestiaires vieillissants, moderniser la chaufferie et sécuriser les installations : personne ne le conteste. Mais fallait-il reconstruire entièrement le bassin extérieur, réaligner les bassins et engager des dépenses coûteuses sans repenser l’efficience énergétique de la structure dans sa globalité ? Les chiffres sont parlants : la piscine reste mal isolée, énergivore, et sous-dimensionnée pour une structure intercommunale comme cela a été évoqué en conseil municipal (CM 16/12/2021 – CM 15/12/2022), avec une capacité maximale limitée à une centaine de personnes, bien en deçà des attentes des clubs, des écoles et des habitants. Nombreux peuvent en témoigner aujourd’hui.

Un projet alternatif balayé d’un revers de main

Nous avons été surpris d’apprendre qu’avant la mise en oeuvre du projet actuel, des contre-propositions avaient été avancées pour un budget équivalent :

  • Réfection des vestiaires et de la chaufferie (priorités partagées par tous).
  • Rénovation globale des toitures et des isolations thermiques.
  • Installation de panneaux solaires (thermiques ou photovoltaïques) et/ou d’un système micro-éolien pour diversifier les sources d’énergie, limiter les factures, moderniser la structure et impulser une politique locale de transition énergétique.
  • Mise en place d’une couverture amovible sur le bassin extérieur, afin d’en permettre une exploitation toute l’année, au bénéfice des clubs, des écoles et du public.

Ces propositions ont été rejetées en invoquant un refus supposé des Bâtiments de France en raison du secteur sauvegardé. Or, une enquête récente montre que les Bâtiments de France n’ont jamais été consultés. L’argument était donc fallacieux. Et l’exemple récent du pumptrack installé sous le Fort Saint-André démontre qu’un tel équipement aurait très probablement été accepté.

Un service public affaibli

Dix ans après, qu’en est-il ?

  • Les bébés nageurs ont été supprimés pour des raisons de coût énergétique.
  • Les horaires d’ouverture restent très limités, réduisant l’accès au public, comme si l’on partait du principe que « tout le monde possède une piscine privée ». Ce n’est pas le cas, loin s’en faut.
  • Les clubs et associations peinent à disposer de créneaux adaptés à leurs activités.

Les choix réalisés hier fragilisent aujourd’hui la pratique sportive et éducative (scolaires, jeunes enfants, clubs) en questionnant aussi le rapport à l’argent public : comment justifier un tel investissement si le service rendu demeure restreint et inefficace ? Tout le monde peut aujourd’hui le constater.

Dans une ville où la fiscalité est l’une des plus lourde de France, il serait souhaitable de reconsidérer la qualité de l’offre de service et donc de la piscine.

Un gâchis d’argent public

Au final, le seul volet vraiment utile de ce chantier reste la modernisation des vestiaires et du système de chauffage. Pour le reste, nous faisons face à un gaspillage de plusieurs millions d’euros, sans amélioration significative du service pour la population. Il est maintenant avéré que cet échec résulte de décisions politiques ayant fermé la porte à des solutions innovantes et durables, au détriment de l’intérêt général.

L’heure du bilan

Le collectif regrette les choix qui ont été réalisés alors qu’il y avait des alternatives bien plus appropriées pour répondre aux besoins de la population. Mauvaise anticipation et incapacité à conduire un projet ambitieux, moderne et écologique est une conclusion pouvant être tirée. Les conséquences se mesurent aujourd’hui sur la base de pratiques purement politiques où l’argument d’autorité (« les Bâtiments de France interdisent ») masque un manque de concertation et de courage. Dix années ont passé et le dossier devra être réouvert pour adapter l’équipement aux besoins des habitants, des scolaires, des vacanciers, … tout en l’inscrivant dans un projet environnemental d’envergure.

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Culture « pour tous et avec tous »… qu’en est-il vraiment ?

« La culture pour tous et avec tous » : c’est ainsi que la municipalité présente sa politique culturelle dans le dernier Villeneuve Mag.
Mais sur le terrain, ce n’est pas tout à fait ce que les gens observent.

Alors regardons de plus près comment a évolué l’action culturelle à Villeneuve lez Avignon au cours de ces dernières années.

Des événements publics… de plus en plus sur invitation

De plus en plus de rendez-vous culturels ou commémoratifs se tiennent à huis clos ou sur carton d’invitation.
La cérémonie du 18 juin, autrefois ouverte à tous au monument aux morts, a été déplacée à la Chartreuse et réservée à quelques invités. Plus de dépôt de gerbe public, plus de moment partagé sur la place : pourquoi cette mise à distance ?

Le lancement des festivités d’été s’est, quant à lui, tenu au Prieuré, là encore sur invitation. Un endroit magnifique pour une belle promotion du lieu mais bien trop fermé pour le partage « d’une culture pour tous et avec tous ».
Un constat similaire pour l’ouverture du festival Villeneuve en Scène : un événement censé rassembler, mais organisé à un horaire inaccessible à de nombreux actifs et dans un lieu peu ouvert limitant un peu plus le « pour tous et avec tous »

Des associations qui tournent en cercle fermé

De nombreuses structures culturelles, commerçantes ou patrimoniales semblent fonctionner autour de cercles d’habitués, rarement renouvelés. Les ateliers artistiques, les conférences ou les réunions de quartier réunissent souvent les mêmes visages. Ce manque de renouvellement peut s’expliquer en partie quand il est aujourd’hui difficile de susciter un engagement associatif durable dans la société civile, et quand nombre de collectifs peinent à attirer de nouvelles énergies. Mais cette réalité ne saurait tout justifier.

On observe une confusion croissante entre le monde associatif et le pouvoir politique : les interventions régulières de la maire en ouverture d’assemblées générales ou d’événements entretiennent une ambiguïté sur les rôles respectifs, d’autant que se dessine en filigrane une forme de réappropriation institutionnelle des initiatives citoyennes. Par ailleurs, de plus en plus d’élus de la majorité siègent au sein des conseils d’administration associatifs. Pour quel objectif, exactement ?

Cette évolution pose question car peu à peu cette porosité fragilise l’indépendance du tissu associatif, décourage les initiatives autonomes et alimente le sentiment que seuls les proches du pouvoir en place peuvent véritablement agir. De plus en plus on l’entend dire quand ce glissement se lit aussi dans les chiffres puisque ces dernières années, les subventions générales ont diminué au profit de subventions dites « exceptionnelles », accordées ponctuellement pour des actions devant, au préalable, obtenir l’aval politique. « Pour tous et avec tous » ? Là aussi, nous en sommes loin.

Culture “pour tous” ? Un accès inégal

La récente hausse des tarifs de la médiathèque limite son accès aux familles les plus modestes. Le « Pass monument », louable dans son principe, reste peu connu et peu utilisé par les Villeneuvois : pourquoi ne pas en faire un outil d’accès gratuit à la culture locale pour les habitants, comme le font d’autres villes de même taille sans pour autant mettre le budget de la ville en faillite. « Pour tous et avec tous ! »

L’expression municipale, elle, met surtout en avant un petit cercle : élus, notables, responsables d’associations proches. Les jeunes, les familles ordinaires, les nouveaux arrivants ou les publics plus diversifiés sont peu visibles, peu invités, peu représentés. « … avec tous » imposerait une révision de la matrice de promotion et de communication.

Quant aux écoles, un partenariat fort avec les acteurs culturels reste à inventer. Les activités périscolaires, autrefois gratuites, sont devenues payantes. Les festivals populaires, comme les « Jeudis de la chanson » où les courses en caisses à savon, ont disparu. Peu à peu, ce qui faisait lien « pour tous et avec tous » s’est éteint.

Repenser la culture comme bien commun

Villeneuve lez Avignon est riche de ses lieux, de son histoire et de son patrimoine. Mais une politique culturelle ne peut se résumer à la mise en valeur de ce capital. Elle doit aussi – et surtout – créer du lien, refléter la diversité des habitants, encourager la participation de chacun, et donner à tous les moyens d’être acteur.

Ce que nous appelons, c’est une culture vivante, ouverte, inventive. Une culture qui n’exclut pas, ne trie pas, ne filtre pas, qui n’inspire pas la crainte d’être mis de côté pour raisons politiques.  Une culture qui donne envie, qui rassemble au lieu de segmenter, qui parle autant aux enfants des écoles qu’aux nouveaux arrivants, aux familles modestes qu’aux passionnés d’art classique.

Le « pour tous et avec tous » n’existe pas aujourd’hui à Villeneuve mais ce n’est pas irréversible. Jean Vilar l’a fait; nous pouvons le refaire. Si le « pour tous et avec tous » doit devenir un slogan, l’effort à faire est somme toute assez simple : il n’y a qu’à ouvrir davantage les portes, mieux répartir les moyens, écouter la pluralité des envies et des initiatives. Peut-être faudra-t-il revenir à l’essence même de ce que signifie une culture locale : un espace de partage, d’émancipation, de rencontre.

Villeneuve a tout pour cela. Encore faut-il le vouloir. Ensemble.

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Bouscatiers: le silence des arbres, le vacarme d’un récit.

Sur les hauteurs de Villeneuve-lès-Avignon, les garrigues des Bouscatiers ont été sauvées grâce à des années de mobilisation citoyenne, associative et politique. Mais à lire la revue municipale, on découvre que l’histoire a pris un tout autre chemin.

Un collectif très engagé dans la vie locale nous a informé de sa vive surprise à la lecture du dernier numéro de la revue municipale Villeneuve Mag. L’article en question, intitulé « La nature préservée aux Bouscatiers », affirme que la municipalité se serait engagée à sanctuariser cette zone de garrigue. Il présente cette décision comme une initiative volontariste de protection de l’environnement, relevant d’une vision réfléchie et maîtrisée de l’urbanisme local.

Mais à bien y regarder, le récit proposé dans ces lignes heurte frontalement la mémoire des faits, tels qu’ils ont été vécus par de nombreux habitants, associations, élus d’opposition et collectifs mobilisés pendant des années.

Souhaitant comprendre ce décalage, nous avons pris contact avec ce collectif, puis échangé avec quelques élus, afin de mieux cerner ce qui relève de l’engagement sincère… et ce qui relève d’une réécriture de l’histoire.

Ce qui en ressort, c’est une vérité inversée : ceux qui ont résisté sont effacés, et ceux qui ont longtemps soutenu le projet apparaissent en sauveurs. Une opération de recyclage politique d’un abandon forcé, transformé en geste visionnaire.

Une chronologie que l’on ne peut balayer

Le projet de ZAC des Bouscatiers, imaginé dès le début des années 2000, visait à urbaniser environ 36 hectares de garrigue au nord du territoire communal. Il prévoyait la construction de plus de 500 logements, ainsi que des équipements publics et des voies nouvelles. Ce projet, porté à l’origine par la commune, s’inscrivait dans une logique d’extension urbaine qui a longtemps été présentée comme inévitable.

Pendant près de deux décennies, ce projet a été soutenu par les majorités municipales successives, parfois légèrement amendé, mais jamais abandonné, malgré les alertes sur son impact environnemental, paysager et social.

C’est précisément contre cette vision que s’est constitué un large front d’opposition, composé :

  • de collectifs citoyens tels que Cosagavi, Écocitoyen, ou APEPA, qui ont mené un travail de fond : sensibilisation, réunions publiques, contre-expertises, marches et interventions lors des enquêtes publiques ;
  • de nombreux habitants mobilisés au fil des années, souvent non militants mais profondément attachés à la garrigue et à leur cadre de vie ;
  • et de plusieurs élus de l’opposition municipale, qui ont pris position publiquement contre le projet, relayé les arguments citoyens au sein des conseils municipaux, et, pour certains, rejoint les démarches juridiques engagées pour stopper la ZAC.

En 2015, une dérogation préfectorale autorisant la destruction d’habitats d’espèces protégées avait été délivrée. C’est précisément cette autorisation qui sera attaquée quelques années plus tard devant le tribunal administratif de Nîmes, sur la base d’un recours porté conjointement par les associations environnementales et des élus engagés, faisant valoir les carences de l’étude d’impact et l’insuffisance des mesures compensatoires.

Ce recours aboutit en 2020 : le juge annule l’arrêté préfectoral, estimant que le projet porte atteinte de manière disproportionnée à l’environnement et que les justifications économiques avancées ne suffisent pas à compenser la perte écologique. Cette victoire juridique majeure constitue un tournant.

Ce n’est qu’après cette décision de justice que la commune rompt officiellement son partenariat avec le promoteur Nexity, en 2021, et évoque pour la première fois l’abandon du projet.

La fabrique tranquille du faux souvenir

Dans ce contexte, l’article de Villeneuve Demain donne l’impression d’un retournement habilement maquillé en constance politique. Il efface les citoyens qui se sont engagés, ceux qui ont pris des risques, les collectifs, les habitants inquiets, l’opposition. Il minimise les critiques, ignore les victoires juridiques obtenues de haute lutte, et reformule l’abandon d’un projet contesté comme un choix volontaire de préservation environnementale. A en croire les lignes, la majorité a gagné une guerre qu’elle aurait menée contre elle-même.

En d’autres termes, la municipalité revendique aujourd’hui le mérite d’avoir abandonné ce qu’elle a défendu pendant des années. Ce tour de passe-passe narratif s’apparente à une manipulation douce, mais bien réelle, de l’information.

Dire « Merci » serait un bon début

Personne ne conteste qu’il soit possible – et même souhaitable – qu’une collectivité évolue dans ses positions. Mais encore faut-il le dire honnêtement : ce n’est pas la mairie qui a sauvé les Bouscatiers, ce sont les citoyens, les collectifs, les habitants et les élus engagés. Ce sont eux, tous ensemble, qui ont informé, débattu, contesté, alerté, proposé, et parfois même investi leur propre argent pour défendre un bien commun. Le juste retour à été la victoire, leur victoire.

Dès lors, voir leur engagement invisibilisé au profit d’un récit officiel lissé et auto-satisfait ne peut que susciter une colère froide, celle de ceux à qui l’on vole le fruit de leur combat pour en faire une vitrine de communication.

Une municipalité digne de ce nom pourrait au moins dire : « Nous avons changé d’avis, grâce à l’engagement des habitants. » Ce serait un signe de respect, une preuve de maturité politique, et une manière saine de réconcilier action publique et parole citoyenne.

En attendant, il appartient à tous ceux qui se sont battus pour préserver les garrigues des Bouscatiers de rappeler ce que fut la réalité – pour que l’avenir, lui, ne soit pas réécrit au passé.

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Votre avis pour modeler l’avenir

La consultation est toujours en ligne:

https://framaforms.org/villeneuve-je-taime-je-mexprime-1745143343

Quelques minutes de votre temps pour construire un projet collectif.

N’oubliez pas de laisser vos remarques après avoir donné vos quatre priorités.

La consultation est anonyme.

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Pour une culture vivante, partagée et accessible à Villeneuve-lès-Avignon

Villeneuve-lès-Avignon a la chance d’être un territoire riche de patrimoine, de lieux culturels issus du passé, et d’événements d’envergure nationale, comme les actions portées par la Chartreuse – Centre national des écritures du spectacle, le festival du Polar ou Villeneuve en scène.

Mais ce rayonnement ne doit pas faire oublier une évidence : pour beaucoup d’habitants, la culture reste trop éloignée du quotidien, trop institutionnelle, ou trop confidentielle. Il est temps de renforcer les liens entre l’excellence artistique et les réalités de la ville : ses quartiers, ses écoles, ses familles, ses associations, ses artistes locaux.

 Ce qui existe déjà à Villeneuve… et qu’il faut valoriser :

  • Des lieux culturels remarquables : la Chartreuse, le fort Saint André, le musée Pierre-de-Luxembourg, les diverses livrées cardinalices, …
  • Des partenariats avec le monde scolaire, notamment autour du théâtre et du patrimoine.
  • Une médiathèque  accueillante, qui organise régulièrement des rencontres et des animations pour les enfants.
  • Des interventions artistiques ponctuelles dans les écoles (Festival du Polar, Architecture en fête, Les Rencontres d’Aubergine…).

Ce sont des bases intéressantes sur lesquelles nous pouvons construire une politique plus ambitieuse et plus proche des habitants. Pour cela, il conviendrait de coordonner les actions aujourd’hui  isolées, de mobiliser les artistes et structures locales et de dédier un budget solide et pérenne pour les créations. Ce budget peut être élaboré via des financements à rechercher du côté de la DRAC, de la région, du département projets PEAC, de l’éducation nationale DAAC, du mécénat local mais également sur la base d’économies à mettre en place quant à certaines dépenses inutiles, superflues ou mal dimensionnées.

Dans le même temps, les liens devraient être renforcés entre la Chartreuse (dépendant du ministère de la culture), la médiathèque, le musée, les écoles, les familles, les associations.

Une nouvelle ambition doit naître : la culture pour tous, partout, avec tous.

Mais comment soutenir les artistes de Villeneuve ?

S’il est indéniable que des talents locaux existent à Villeneuve , ils mériteraient plus de visibilité et de soutien. Un fond municipal pour la création locale pourrait être envisagé sur appel à projets, budget participatif ou autres ressources institutionnelles. Nous savons que l’argent public se fait rare et là encore, un financement partiel sur modération de certaines lignes est facilement envisageable.

Des espaces de travail et d’expositions manquent. Il faudra les penser quand nos talents locaux, qui mériteraient d’être inscrits dans un répertoire, ne sont pas suffisamment mis en lumière actuellement.

Comment déployer un véritable parcours culturel à l’école ?

La culture à l’école est une évidence bien souvent oubliée et pourrait être renforcée via une candidature de la ville au label national “100 % EAC” (Éducation Artistique et Culturelle). Les parcours EAC sont une éducation à l’art et une éducation par l’art. C ‘est un parcours cohérent qui associe la fréquentation des œuvres, la rencontre avec les artistes et les professionnels de la culture , l’acquisition de connaissance et la pratique artistique. Cela engendrerait une organisation de parcours culturels continus de la maternelle au Lycée: rencontres, pratiques artistiques, sorties culturelles. Ce label pourrait renforcer la coopération entre la ville, les écoles, la Chartreuse, la médiathèque et les artistes.

Un référent municipal EAC, un comité de pilotage (ville, éducation nationale, DRAC, artistes, parents) pourraient coordonner les actions en proposant d’y associer le tissu associatif culturel si il le souhaite.

Comment aller vers les habitants ?

Les habitants des hauts de Villeneuve ressentent un éloignement de la vie culturelle qui se déploie dans le centre historique. Il est vrai que c’est en ce lieu que se concentrent la quasi-totalité des manifestations culturelles puisqu’il bénéficie d’un patrimoine historique exceptionnel et propice aux expositions, spectacle et représentation. Cette centralisation est-elle satisfaisante pour nos concitoyens n’habitant pas la partie historique de la ville et dont la proportion est bien supérieure à 50% de la population ? La question devra être clairement posée pour définir ou non, un projet de déploiement culturel sur tout le territoire. Maison des arts ? Lieu de création et de partage ? Résidences artistiques dans les écoles, les crèches ou maison de retraite ? Exposition de quartiers ? Spectacles décentralisés ? …. ? Autant d’idées à partager et à construire ensemble si les Villeneuvoises et Villeneuvois périphériques en expriment le désir.

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Le défi du lien entre générations à Villeneuve.

La municipalité annonce la création, dans la plaine de l’Abbaye, d’une aire de détente et de loisirs présentée comme “intergénérationnelle”.

Cette initiative est à saluer, mais elle aurait sans doute gagné à s’inscrire dans une démarche plus collective, associant un plus grand nombre d’élus et de citoyens. Un projet pensé à plusieurs peut en effet mieux refléter les besoins de toutes les générations et favoriser l’adhésion autour d’une vision commune.

Pour être pleinement efficace, cet espace ne devrait pas rester isolé, mais devenir une pièce maîtresse d’une politique municipale intergénérationnelle cohérente et durable. Il pourrait ainsi devenir un véritable levier de cohésion sociale et d’innovation citoyenne, s’il encourage des rencontres réelles et des activités communes entre les générations.

Construire une aire intergénérationnelle est donc une excellente idée, à condition qu’elle s’inscrive dans un projet global de ville, où les générations se rencontrent, se découvrent et se considèrent, plutôt que de simplement se croiser sans véritablement partager de moments.

Une dynamique déjà présente mais à structurer

Plusieurs acteurs locaux œuvrent déjà dans ce sens : le CCAS, le SIDSCAVAR, le centre social Tôtout’arts, ainsi que des associations comme El Manantial. Leurs actions contre l’isolement — téléassistance, portage de repas, accompagnement numérique, activités ludiques, etc. — sont précieuses.

Ces efforts gagneraient à être mieux coordonnés dans le cadre d’une stratégie partagée, permettant de mutualiser les énergies, de valoriser les initiatives, et de créer un impact plus durable.

Comment penser l’intergénérationnel dans la ville ?

En dédiant des espaces

Créer un lieu des générations dans un bâtiment communal, ou encourager des associations à consacrer une partie de leurs locaux à ce lien — via des subventions incitatives — constituerait une première étape.

Certaines villes ont déjà ouvert la voie :
À Arcueil (94), des tiers-lieux intergénérationnels accueillent des ateliers de couture, de cuisine, d’initiation numérique et d’échange de savoirs, ouverts à tous les âges.

À Villeneuve, des structures engagées comme celles précédemment citées pourraient amplifier leur impact si on leur en donnait les moyens en leur proposant aussi de s’intégrer à un projet partagé commun.

En créant une délégation d’élu dédiée

Un ou une élue pourrait être chargée de coordonner les actions intergénérationnelles, en lien avec les crèches, les écoles, les associations, les maisons de retraite, les assistantes maternelles, etc.

Le CCAS, le Conseil des sages et le Conseil municipal des jeunes pourraient naturellement y être associés.

Des projets concrets pourraient émerger : échanges entre enfants et résidents de maison de séniors, ateliers partagés, ou transmission de mémoire locale.
À Rennes (35), par exemple, le programme Mémoires de quartiers permet aux aînés de raconter l’histoire de leur quartier à des élèves, avec une restitution publique.

À Villeneuve, on pourrait imaginer des podcasts, des vidéos, des expositions, ou des promenades patrimoniales guidées par les anciens.

Des villes comme Chambéry (73) ou Lormont (33) ont développé avec succès des activités partagées : jardinage, cuisine, jeux, médiation animale, numérique… Des partenariats locaux avec la médiathèque, la Chartreuse, l’YMCA ou les maisons de retraite pourraient permettre de faire émerger ce type de projets ici aussi.

En organisant des événements festifs intergénérationnels

Le festival du Polar a récemment proposé un atelier philo et jeux réunissant jeunes et moins jeunes. C’est un bel exemple à valoriser et à étendre.

D’autres idées pourraient enrichir cette dynamique :

  • Fête des générations

  • Ciné-débats inter-âges

  • Olympiades ou défis numériques collaboratifs

  • Ateliers créatifs partagés

En favorisant l’habitat intergénérationnel

Plusieurs élus défendent depuis longtemps l’idée d’écoquartiers à Villeneuve sans jamais avoir été entendus. Cela pourrait intégrer des projets d’habitat intergénérationnel, non pas en augmentant l’empreinte foncière de plus en plus réduite, mais en remodelant ce qui existe selon un projet concerté pour avancer ensemble.

À Strasbourg, le programme Tous Résidents permet à des étudiants de vivre dans des résidences seniors en échange d’un temps d’animation ou d’entraide. Une belle manière de renforcer les liens et de répondre aux enjeux du logement et de l’isolement.

À proximité d’Avignon, où la présence étudiante est forte, un tel dispositif pourrait être étudié en concertation avec le Crous et intégré dans un projet porté par la collectivité, c’est à dire la commune et le Grand Avignon: une ouverture de solidarité entre les ainées et les nouvelles générations en faisant progresser, sans rien défigurer, la question épineuse du logement social puisque le logement étudiant en relève.

En s’appuyant sur des dispositifs départementaux

Un bel exemple est l’initiative du département du Gard quant à l’Aide à la Vie Partagée (AVP) qui est une nouvelle prestation destinée à favoriser l’accès à un mode d’habitat soutenant l’inclusion sociale des personnes âgées et des personnes en situation de handicap en leur permettant de contribuer au financement de leur projet de vie sociale et partagée. Dans ce cas, la prestation est individuelle mais versée aux personnes morales qui gèrent ces lieux de vie conventionnés par le Conseil départemental. Elle leur permet de financer le projet de vie partagée, afin d’accompagner la co-construction du «  vivre ensemble  » et de l’animer. Le déploiement de l’habitat inclusif est une priorité du Schéma départemental des Solidarités sociales 2022-2027; le département a lancé un appel à projet aux communes souhaitant mettre en place ce type d’habitat. 12 projets ont a ce jour été proposés et retenus sur diverses communes gardoises (Alès, Anduze, Beaucaire, Gagnières, Génolhac, Grau-du-Roi, Montaren‐et‐Saint‐Médiers, Nîmes, Vauvert, Saint‐Hilaire‐de‐Brethmas). Aucun sur notre commune.

En créant une instance de dialogue intergénérationnelle

Aujourd’hui, Villeneuve dispose d’un Conseil municipal des jeunes et d’un Conseil des sages. Pourquoi ne pas imaginer un Conseil intergénérationnel, réunissant ces deux instances ?

Il pourrait être consulté régulièrement sur les projets majeurs, et devenir un lieu d’expression des points de vue de toutes les générations. Ce serait un symbole fort d’écoute et de dialogue.

Une ambition collective à faire vivre

Ces propositions, bien sûr non exhaustives, mériteraient d’être explorées collectivement, avec l’ensemble des élus, les associations, les écoles, les bailleurs, les professionnels du social et de la santé, et les citoyens.

Favoriser les rencontres entre générations ne relève pas uniquement de l’aménagement. Il s’agit avant tout de créer des dynamiques humaines, transversales et durables.

C’est une belle ambition pour Villeneuve — et une promesse d’avenir partagée.

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